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mercredi 3 septembre 2014

GRAND ÉCRAN: OUI À TOUT PRIX ?

Vous aimez le cinéma?
Vous fréquentez les salles?
Si oui, à quelle fréquence?

Combien de films êtes-vous allés voir cet été?
Quel genre de film aimez-vous? 

À quand remonte votre dernière sortie en salle ?

Voilà des questions que j'avais envie de poser à mes proches et amis après avoir lu le papier de Odile Tremblay REQUIEM POUR UN GRAND ÉCRAN? paru le 30 août dernier dans le DEVOIR. 

Photo:Denis Malouin

Les  diverses opinions énoncées dans l'article de Madame Tremblay au sujet de la baisse de fréquentation des salles de cinéma me laissent perplexe. S'agit-il d'une tendance générale qui indique un abandon progressif du grand écran? Qu'en sera-t-il cet automne, avec la programmation qu'on nous réserve? Et que dire de l'année 2015, qui annonce une programmation fulgurante? 

Cliquez pour voir
la bande-annonce de Lucy
Bien entendu, personne ne peut prévoir ce que deviendront nos salles de cinéma dans un proche avenir. Alors que certains parlent de leur mort imminente, d'autres parlent d'une tendance à la hausse. LUCY, par exemple, le dernier film de Luc Besson, bat des records de fréquentation en salles. L'avènement du numérique et de ses nouvelles plates-formes vont-elles réellement damer le pion au grand écran?

Pour ma part, j'adore le cinéma.

Et puis, sortir et aller voir un film en salle me procure encore des papillons comme lorsque j'étais gamin...

Mais voilà qu'aujourd'hui, je ne fréquente plus le cinéma comme autrefois. Car même si grâce au numérique, la qualité des images et du son s'avèrent exceptionnels, je trouve que le coût des projections est devenu beaucoup trop élevé. Et puis, je ne ne dispose plus d'autant de temps qu'avant.

Cliquez pour voir
la bande-annonce de Sin City 2
Je regarde encore des films certes, mais je limite mes choix. Ma dernière sortie au cinéma remonte à il y a deux semaines. Je suis allé voir SIN CITY, A DAME TO KILL FOR de Frank Miller et Robert Rodriguez. Le dernier des trois films que je suis allé voir en salles qui faisaient encore partie de la programmation estivale. Les autres films pour lesquels je me suis déplacé ont été X-MEN, DAYS OF FUTURE PAST de Bryan Singer et LUCY de Luc Besson. J'affectionne particulièrement ces deux derniers réalisateurs tout comme Robert Rodriguez d'ailleurs. C'est ce qui m'a principalement motivé à voir ces films cet été.

Je me déplace pour les films que j'attends depuis longtemps ou bien pour le film d'un réalisateur dont le style m'intéresse. Dans ces conditions, je suis prêt à payer le prix pour m'offrir une sortie. Et je prend les dispositions qu'il faut pour voir ce film sur grand écran. Comme ce fut le cas pour ceux que je vient de nommer. Car rien ne vaut le buzz que procure un bon film lorsqu'on y assiste en salle. Surtout lorsqu'ils sont traités avec originalité comme SIN CITY, LUCY, ou X-MEN, justement et qu'ils racontent de bonnes histoires. Que dire du reste de la programmation estivale? L'intérêt n'y était pas. Du moins pas de manière suffisante pour m'inciter à me déplacer et payer le gros prix

Concernant les films d'auteurs que j'aime et pour lesquels je suis passé tout droit et que je ne verrai jamais en salles comme LE GRAND MAÎTRE, le dernier Wong Kar Wai, je me rabats sur le DVD dans mon salon. Et cela me convient très bien. Même chose pour les films qui n'offrent pas une approche suffisamment créative pour me donner l'envie de les voir sur grand écran. Quant aux plates-formes numériques, je les utilisent parfois dans mes déplacements, ou lorsque je voyage. Mais je n'en suis pas accroc.

Qu'est-ce qui pousse les cinéphiles à changer leurs habitudes? Peut-être ces derniers en ont-ils assez des mauvaises publicités d'avant programme, ou préfèrent-ils tout simplement le calme que leur offre leur foyer loin du froissement des sacs de popcorn ???

Et vous, quels sont vos habitudes concernant le cinéma ?

vendredi 3 janvier 2014

Signé BD !

32 décembre
de
Enki Bilal
Bonne Année 2014 !

Qui dit «nouvelle année» dit «introspection», pour certains d'entre nous.

C'est pourquoi en guise de premier article, j'ai eu envi de partager l'origine de mes influences artistiques en matière de réalisation et de graphisme ainsi qu'un mini-mini résumé de mes réflexions à propos de ce que j'appelle le «Cinéma de Bandes Dessinées» (ou de «traitement BD») qui a été l'objet de la maîtrise que j'ai accomplie (jadis) à l'université Laval.

Voilà donc un premier texte rempli de suggestions et de belles images pour ce début d'année qui s'annonce mouvementée ! Bonne lecture !

Il y a longtemps que je cultive une grande admiration pour les dessinateurs et les illustrateurs de bandes dessinées. Qu'il s'agisse de Liberatore, Bangalen passant par Marini jusqu'à Bilal, pour ne nommer que ceux-là.

Dès l'adolescence, ces auteurs ont frappé mon imaginaire et m'ont grandement influencé dans le traitement graphique que j'applique aujourd'hui à certaines de mes oeuvres.

Adrénaline et Testosterone
de
Frédéric Gaudry
(photo Éric Côté)
Celui-ci constitue en quelque sorte une partie de ma signature, de mon «style».

Adrénaline et Testosterone
de
Frédéric Gaudry
(photo Éric Côté)
De manière simplifiée disons que celui-ci résulte d'un croisement entre la syntaxe et l'esthétique cinématographique combinées à celles des bandes dessinées. Bien entendu, je suis friand des bons films qui portent eux aussi cette signature. Il en existe plusieurs, mais certains d'entre eux en sont plus porteurs que d'autres.

Par exemple, Le Cinquième Élément de Luc Besson possède une forte facture bédéesque. En l'occurrence grâce au style extravagant de ses costumes et de la disproportion de ses décors. D'ailleurs, la majorité des films de Luc Besson arborent des univers bédéesques.

Le Cinquième Élément
de
Luc Besson
Quant à Nikita du même auteur, celui-ci possède également une facture bédéesque, mais plus discrète. Au niveau de son contenu, comme c'est souvent le cas dans les bandes dessinées, certains éléments réunis sont disproportionnés ou très contrastés l'un envers l'autre.

Nikita
de
Luc Besson
Je pense à la scène dans une chambre d'hôtel à Venise pendant laquelle Nikita monte un énorme fusil de tireur d'élite alors qu'elle est vêtue de petits sous-vêtements griffés. Il y a là une sorte de décalage qui crée un fort contraste entre la vulnérabilité suggérée du personnage et de son pouvoir d'action. 

La facture bédéesque du film Nikita se manifeste également au niveau de son esthétique.  Toutefois, ici, Luc Besson l'applique de manière plutôt subtile. Il utilise des «éléments naturels» d'une scène pour les amener à un niveau esthétique qui rejoint celui de la bande dessinée. Au lieu de les créer de toutes pièces grâce à des décors gigantesques, ou à du maquillage. 


Nikita
de
Luc Besson
Par exemple, peu après le générique du film, la bande de drogués que nous avons suivie s'arrête devant une pharmacie en vue de la dévaliser. Dès cet instant, les personnages sont baignés dans une franche lumière bleue émise par les néons environnants. La forte présence de cette couleur marque toute la séquence. En plus de lui apporter une grande présence esthétique, elle souligne son aspect dramatique.

*  *  *


The Hunger Games Catching Fire

Ce n'est qu'assez récemment que j'ai pris connaissance de l'univers de Hunger Games. Inutile de vous dire que j'ai adoré. Si j'en parle ici c'est bien entendu parce que les films de cette trilogie sont porteurs d'une esthétique bédéesque admirablement bien appliquée. 



Celle-ci se manifeste à travers un subtil dosage entre la «nature réelle» de l'univers suggéré et l'extravagance des costumes et maquillages des personnages. 



Le style bédéesque de cet environnement filmique se manifeste également grâce à une approche esthétique à la fois baroque et art déco. Ce qui contribue à livrer une touche de contraste nécessaire au genre. Chose intéressante, sur le site officiel du second film, il nous est possible de s'approprier d'illustrations des principaux personnages dont vous avez l'exemple entre ces lignes. 



Certaines d'entre elles les illustrent comme des portrait de tableaux anciens. Notez le décalage entre l'extravagance des tenues et l'aspect vieillot des images...


*  *  *

Voici d'autres films connus qui possèdent une facture à la fois «réaliste» et bédéesque: 


Mad Max
de
Georges Miller


Blade Runner
de
Ridley Scott


et
de
Paul Verhoeven, 


de
Andrew Niccol, 

de
Enki Bilal

de
James Cameron

de
Tom Tykwer

D'autres films du même «genre» - parmi lesquels certains sont mieux réussis que d'autres - sont en fait des adaptations de bandes dessinées. Comme vous le savez, nombre d'entre eux sont des films de super héros issus de bandes dessinées américaines commerciales. Il va de soi qu'un minimum de traitement BD leur soit appliqué. La liste est longue, mais en voici quelques exemples:


la trilogie de Batman
réalisée par Christopher Nolan,

de
Alex Proyas

de
Guillermo del Toro


Sin City
de 
Robert Rodriguez



de
Kurt Wimmer

de 
Bryan Singer,

pour ne nommer que ceux-là.  

Si vous croyez connaître d'autres films «signés BD», n'hésitez pas à me faire part de vos suggestions, j'en suis friand !